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Forte de Sacavém

Le Forte de Sacavém, redoute du XIXe siècle du Camp retranché de Lisbonne, abrite les archives du SIPA et le centre de documentation du patrimoine architectural.

Forte de Sacavém
No machine-readable author provided. Juntas assumed (based on copyright claims)., Public domain — Wikimedia Commons

Le Forte de Sacavém, également appelé Reduto do Monte Cintra, est une construction militaire du XIXe siècle située à Sacavém, dans la municipalité de Loures, district de Lisbonne. Dressé sur une hauteur de la rive droite du fleuve Trancão, à quelques centaines de mètres de son embouchure dans le Tage, le fort a depuis longtemps perdu la fonction défensive pour laquelle il avait été conçu et a connu une seconde vie comme l’un des plus importants centres de documentation du patrimoine culturel portugais. Il est aujourd’hui, avant tout, le siège physique des archives du patrimoine architectural national.

Une redoute du Camp retranché de Lisbonne

L’origine du fort s’inscrit dans l’effort de fortification de la capitale entrepris durant la seconde moitié du XIXe siècle. À la suite d’études amorcées en 1872, sa construction débuta en 1873 et se prolongea jusque vers 1892, intégrant le vaste système défensif qui allait être connu sous le nom de Camp retranché de Lisbonne. La redoute occupa une position stratégique d’arrière-garde : elle surveillait la ligne du fleuve jusqu’à Sacavém, la vallée d’Odivelas et la serra de Monsanto, en lien avec d’autres positions de la rive sud et de l’embouchure du Tage.

Sur le plan architectural, il présente un plan pentagonal irrégulier d’inspiration bastionnée, dans l’esprit des fortifications de type Vauban, entouré d’un fossé, d’une contrescarpe et d’une esplanade. Une grande partie de la construction est à demi enterrée, recouverte de masses de terre qui renforçaient la protection contre le feu de l’artillerie. Au fil du XXe siècle, le fort connut des usages successifs — notamment la détention de grévistes en 1912 et l’installation d’unités d’artillerie — avant d’être jugé sans valeur militaire et reconverti en poudrière.

De la fonction militaire aux archives du patrimoine

Sa vocation militaire abandonnée, le fort fit l’objet, à la fin des années 1990, d’une campagne de restauration, de conservation et de réadaptation qui le prépara à une nouvelle mission. Il accueillit dès lors les archives et l’inventaire de l’alors Direction générale des bâtiments et monuments nationaux, l’organisme qui, durant des décennies, avait dirigé les travaux de l’État sur les monuments et les édifices publics. C’est ici que se concentra le vaste fonds documentaire hérité de cette longue tradition d’inventaire.

Le fonds installé dans le fort est d’une ampleur remarquable : plus de sept kilomètres de rayonnages de dossiers administratifs, des centaines de milliers de pièces dessinées et environ trois cent mille clichés photographiques relatifs à des édifices et monuments de tout le pays. C’est cet ensemble qui sous-tend le SIPA — Système d’information pour le patrimoine architectural, la base de données et les archives de référence de l’architecture portugaise, dont le siège physique coïncide avec le fort.

Tutelle actuelle et accès

Avec les réorganisations de l’administration du patrimoine intervenues à partir de 2007, la garde du fonds passa par différents organismes avant d’intégrer, au milieu des années 2010, la Direction générale du patrimoine culturel, qui assure aujourd’hui sa conservation et sa mise à disposition du public. La documentation numérisée peut être consultée en ligne, tandis que la consultation sur place des originaux se fait sur rendez-vous préalable auprès des services des archives.

Au-delà de sa fonction documentaire, le Forte de Sacavém est lui-même un bien patrimonial, exemple de l’architecture militaire du XIXe siècle de la région de Lisbonne et témoignage du système de défense de la capitale. La coexistence, dans un même espace, d’un monument et des archives qui en documentent des milliers d’autres en fait un cas singulier parmi les institutions du patrimoine portugais, proche dans sa logique d’autres équipements de sauvegarde et distinct des typologies plus connues des forts côtiers.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Forte de Sacavém ?
C'est une redoute militaire du XIXe siècle, également connue sous le nom de Reduto do Monte Cintra, construite dans le cadre du Camp retranché de Lisbonne. Depuis la fin des années 1990, elle abrite les archives du patrimoine architectural portugais.
Où se trouve le Forte de Sacavém ?
Il se situe à Sacavém, sur la rive droite du fleuve Trancão, près de son embouchure dans le Tage, dans la municipalité de Loures, district de Lisbonne.
Que conserve-t-on aujourd'hui au Forte de Sacavém ?
Le fort accueille les archives du SIPA, l'un des plus grands fonds de documentation architecturale du pays, avec plusieurs kilomètres de rayonnages de dossiers, des centaines de milliers de pièces dessinées et environ trois cent mille clichés photographiques.
Peut-on visiter le Forte de Sacavém ?
Les archives sont ouvertes aux chercheurs sur rendez-vous préalable, et le fort accueille en outre des initiatives culturelles ainsi que la mise à disposition de ses espaces. La documentation numérisée peut être consultée en ligne.

Sources

  1. Forte de Sacavém — Wikipédia
  2. Reduto de Monte Cintra / Forte de Sacavém — SIPA (monumentos.gov.pt)
  3. DGPC | Arquivo do Forte de Sacavém (SIPA)