Archéologie

Mirobriga

Mirobriga, cité romaine de Santiago do Cacém, avec un forum, deux ensembles thermaux et le seul cirque dont le plan est connu au Portugal.

Mirobriga
Sqjaques, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Sur la colline de Cumeada, dans le domaine des Chãos Salgados, à un peu plus d’un kilomètre de Santiago do Cacém, se dressent les ruines de Mirobriga, l’une des cités romaines les plus marquantes du littoral alentejan. Le site associe la mémoire d’une agglomération indigène de l’âge du fer à la monumentalité d’une ville romaine pleinement développée, offrant une rare coupe transversale de la transition entre le monde préromain et la romanisation du sud-ouest de la péninsule.

D’agglomération castrale à cité romaine

L’occupation de l’éperon de Cumeada — connu localement sous le nom de Castelo Velho — remonte au moins aux IVe-IIIe siècles av. J.-C., avec des racines que certains chercheurs font remonter à la fin de l’âge du bronze. Le toponyme, d’origine celtique terminé par le suffixe -briga (« agglomération fortifiée »), trahit cette matrice indigène. Avec son intégration dans le domaine de Rome, l’agglomération se réorganisa selon les modèles urbains italiques, atteignant son apogée entre le Ier et le IVe siècle apr. J.-C. avant un lent abandon. Les ruines furent documentées dès le XVIe siècle par l’humaniste André de Resende, et l’ensemble est classé Bien d’Intérêt Public depuis 1940.

Le forum, les temples et les thermes

Dans la zone la plus élevée se trouve le forum, centre civique et religieux de la cité, édifié vers le milieu du Ier siècle apr. J.-C. Autour de lui ont été identifiés un temple associé au culte impérial et un second temple attribué à Vénus, ainsi que des zones de marché et des habitations à péristyle qui révèlent le confort de l’élite locale.

En peu de sites portugais il est possible de lire, dans un même espace, l’articulation entre pouvoir politique, culte religieux et loisir urbain qui structurait une cité romaine.

En aval se conservent deux ensembles thermaux, construits entre le Ier et le IIe siècle apr. J.-C. et considérés parmi les mieux préservés du pays. Disposés en L, ils comprennent des vestiaires, des salles froides (frigidarium) et des salles chauffées (caldarium et tepidarium), avec un ingénieux système d’hypocauste : l’air chaud venu d’une fournaise circulait sous les pavements et dans les murs à travers des piliers et des arcs de brique. Un pont romain à arche unique, érigé au début du IIe siècle apr. J.-C., reliait cette zone septentrionale au secteur où se déploie le cirque.

Le seul cirque dont le plan est connu au Portugal

L’élément le plus singulier de Mirobriga se trouve à environ un demi-kilomètre du noyau urbain : un cirque destiné aux courses de chars, dont on connaît le plan complet — cas unique sur le territoire portugais. Cette structure monumentale confirme l’importance de la cité et la vigueur de la vie publique romaine dans la région. L’ensemble s’intègre dans le réseau de stations qui documentent le Portugal romain à travers l’archéologie et dialogue avec d’autres grands sites de l’archéologie romaine nationale.

Par la qualité de ses vestiges, Mirobriga occupe une place de premier plan aux côtés de centres comme Conímbriga et Ammaia, ou de monuments isolés comme le temple romain d’Évora, contribuant à reconstituer le quotidien, la religion et le loisir des communautés du sud de la Lusitanie.

Questions fréquentes

Où se trouve Mirobriga ?
Mirobriga se situe sur la colline de Cumeada, dans le domaine des Chãos Salgados, à environ un kilomètre à l'est de Santiago do Cacém, dans le district de Setúbal.
Qu'est-ce qui rend Mirobriga unique parmi les sites romains portugais ?
C'est le seul site du Portugal où l'on connaisse intégralement le plan d'un cirque romain, destiné aux courses de chars, et qui conserve en outre deux des ensembles thermaux les mieux préservés du pays.
Quand Mirobriga fut-elle habitée ?
L'agglomération naît à l'âge du fer, avec des origines remontant au moins aux IVe-IIIe siècles av. J.-C., et se développe comme cité romaine entre le Ier et le IVe siècle apr. J.-C.

Sources

  1. Miróbriga — Wikipédia
  2. Cidade romana de Miróbriga / Ruínas de Miróbriga / Castelo Velho — SIPA
  3. Sítio Arqueológico de Miróbriga — Património Cultural, I.P.