Patrimoine mondial
Zone centrale de la ville d'Angra do Heroísmo (Açores)
Centre historique d'Angra do Heroísmo, sur l'île de Terceira (Açores) : port atlantique Renaissance et site du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983.
La zone centrale de la ville d’Angra do Heroísmo, sur l’île de Terceira, a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983 (référence 206). Il s’agit du plus ancien noyau urbain des Açores et de l’un des témoignages les plus complets de la manière dont le Portugal a organisé, dans l’Atlantique, une ville portuaire au service de l’expansion maritime.
Un port entre deux mondes
Fondée dans le dernier quart du XVe siècle et élevée au rang de ville en 1534, Angra doit son importance à sa position géographique. Située à mi-chemin de la route reliant l’Europe, l’Amérique et l’Inde, sa baie abritée devint une escale obligatoire des flottes qui revenaient chargées de leurs voyages transocéaniques. Pendant plus de trois siècles, jusqu’à la généralisation du navire à vapeur au XIXe siècle, c’est ici que les nefs des Découvertes ainsi que les galions de la Carreira da Índia et des flottes des Caraïbes se réapprovisionnaient en eau, en bois et en vivres.
Cette fonction stratégique explique le tracé de la ville. Contrairement aux agglomérations à croissance organique du continent, Angra fut dessinée selon un plan régulier d’inspiration Renaissance, avec des rues orthogonales qui descendent des collines vers la mer. C’est ce dessin urbain, en grande partie préservé, qui constitue l’une des valeurs universelles reconnues par l’UNESCO.
La défense de la baie fut pensée à l’échelle de l’Atlantique : qui dominait Angra contrôlait le réapprovisionnement de toutes les flottes qui traversaient l’océan.
Fortifications et architecture religieuse
La vulnérabilité d’un port aussi convoité imposa un système défensif remarquable. La forteresse de São João Baptista, érigée sur l’isthme du Monte Brasil pendant l’union dynastique avec l’Espagne, est l’un des plus grands ensembles d’architecture militaire bastionnée construits par Philippe II, complété par le château de São Sebastião à l’autre extrémité de la baie. Ensemble, ces ouvrages encadrent et protègent l’anse.
Au cœur du tissu urbain se distingue la cathédrale du Santíssimo Salvador, siège du plus ancien évêché des Açores, aux côtés des églises de la Misericórdia et de l’Espírito Santo et des couvents franciscain et jésuite, de style baroque. Les palais, manoirs et demeures seigneuriales en pierre de taille volcanique confèrent à l’ensemble une unité matérielle et chromatique incomparable.
Le séisme de 1980 et la reconstruction
Le 1er janvier 1980, un violent séisme secoua le groupe central des Açores et frappa durement Angra, détruisant ou endommageant une grande partie du bâti historique. Plutôt que de démolir, on opta pour une reconstruction soignée, qui préserva les façades, la volumétrie et le plan d’origine. Cet effort de sauvegarde, rare par sa cohérence, fut déterminant pour que, trois ans plus tard, l’UNESCO reconnaisse la valeur exceptionnelle de l’ensemble.
Aujourd’hui, Angra do Heroísmo est à la fois une ville vivante et un document urbanistique de l’Atlantique moderne. Qui parcourt les Açores trouve sur d’autres îles des témoignages complémentaires de cette relation entre l’homme et l’océan, comme le paysage de la culture de la vigne de l’île de Pico, lui aussi inscrit au patrimoine mondial.
Questions fréquentes
- Pourquoi Angra do Heroísmo est-elle inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO ?
- Parce qu'elle fut un port atlantique d'escale obligatoire entre le XVe et le XIXe siècle, dotée d'un tracé urbain Renaissance intact et d'un remarquable ensemble de fortifications et d'architecture religieuse baroque.
- Sur quelle île des Açores se trouve Angra do Heroísmo ?
- Elle se trouve sur la côte sud de l'île de Terceira, dans le groupe central de l'archipel des Açores. Ce fut la première ville des Açores et la capitale historique de la Capitainerie.
- Comment le séisme de 1980 a-t-il affecté le centre historique ?
- Le séisme du 1er janvier 1980 a gravement endommagé la ville. La reconstruction a respecté le tracé et les façades d'origine et fut déterminante pour le classement par l'UNESCO en 1983.