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Trafic illicite de biens culturels

La lutte contre le trafic illicite de biens culturels au Portugal : vol, exportation illégale et commerce clandestin, et le rôle de la Police judiciaire et de…

Le trafic illicite de biens culturels désigne l’ensemble des activités criminelles qui retirent de leur contexte légitime des objets ayant une valeur historique, artistique ou archéologique : vol et cambriolage, fouilles clandestines, exportation illégale et commerce clandestin qui s’ensuit. Il est souvent cité comme l’un des flux illicites les plus importants à l’échelle mondiale, au même titre que le trafic de drogue et d’armes, et affecte particulièrement le patrimoine religieux, l’art sacré, les livres rares et les sites archéologiques. Au Portugal, sa lutte articule des instruments juridiques internationaux, une législation nationale et l’action de l’enquête criminelle.

Cadre juridique

Le cadre international repose sur deux conventions complémentaires. La Convention de l’UNESCO de 1970, adoptée à Paris le 14 novembre, établit des mesures pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert illicites de biens culturels, obligeant les États à créer des inventaires, des services de protection et des mécanismes de restitution. Le Portugal l’a approuvée par le Décret du gouvernement n° 26/85 et a déposé l’instrument de ratification en décembre 1985, la convention entrant en vigueur pour le pays en 1986. Elle est complétée par la Convention d’UNIDROIT de 1995, sur les biens culturels volés ou illicitement exportés, qui traduit en règles de droit privé les principes de la convention précédente, facilitant la restitution internationale. Ces instruments intègrent l’univers des conventions internationales du patrimoine.

Sur le plan interne, la législation du patrimoine culturel, en particulier la loi n° 107/2001 du 8 septembre, conditionne la sortie des biens du territoire national. L’exportation ou l’expédition de biens intégrant le patrimoine culturel doit être précédée d’une déclaration à l’administration compétente, avec un préavis minimum de 30 jours, cette dernière pouvant interdire la sortie à titre conservatoire ; les opérations ne respectant pas ces exigences sont considérées comme illicites et engendrent une responsabilité pénale et administrative.

Le rôle de la Police judiciaire et de la DGPC

L’enquête sur les crimes contre le patrimoine culturel relève de la Police judiciaire, qui maintient une base de données d’œuvres d’art volées avec un enregistrement individualisé de chaque pièce — photographies, dimensions, auteurs, styles et marques d’authentification. Cette base alimente le réseau international d’INTERPOL, qui recherche plusieurs centaines d’œuvres subtilisées sur le territoire portugais, incluant peintures, sculptures, orfèvrerie, art sacré et pièces d’imagerie. La coopération policière transfrontalière est décisive, compte tenu du caractère international du marché de l’art et de la facilité avec laquelle un objet traverse les frontières.

À l’administration du patrimoine culturel — aujourd’hui exercée par la Direction générale du patrimoine culturel / Patrimoine Culturel, I.P. — revient un rôle préventif : la classification et l’inventaire des biens, le contrôle de la circulation et l’émission d’avis sur l’exportation. La classification renforce la protection juridique et complique la sortie illégale, tandis que l’inventaire documentaire permet d’identifier et de réclamer des pièces qui réapparaissent dans le commerce.

Vulnérabilités et prévention

Les contextes les plus exposés sont les églises et chapelles isolées, avec une surveillance limitée, et les sites archéologiques soumis à des fouilles clandestines et à l’usage illégal de détecteurs de métaux. Le patrimoine subaquatique est particulièrement fragile, ce qui fait de l’archéologie nautique et subaquatique un domaine nécessitant une attention accrue face au pillage des épaves. La prévention dépend d’un inventaire rigoureux, de la numérisation des collections, de la sensibilisation du clergé et des communautés locales et de la diligence du marché de l’art dans la vérification de la provenance des pièces échangées.

Questions fréquentes

Quelles conventions internationales luttent contre le trafic de biens culturels ?
Les principales sont la Convention de l'UNESCO de 1970, sur les mesures pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert illicites de biens culturels, et la Convention d'UNIDROIT de 1995, sur les biens culturels volés ou illicitement exportés. Le Portugal a ratifié la Convention de 1970 en 1985.
Qui enquête sur les crimes contre le patrimoine culturel au Portugal ?
L'enquête criminelle relève de la Police judiciaire, qui maintient une base de données d'œuvres d'art volées, articulée avec la base internationale d'INTERPOL. L'administration du patrimoine, actuellement la DGPC / Patrimoine Culturel, I.P., contrôle la sortie des biens du territoire et leur classification.
Faut-il une autorisation pour exporter un bien culturel du Portugal ?
Oui. La loi n° 107/2001 oblige à déclarer préalablement l'exportation ou l'expédition de biens intégrant le patrimoine culturel à l'administration compétente, avec au moins 30 jours d'avance. Les sorties ne respectant pas ces exigences sont considérées comme illicites.

Sources

  1. Convenção da UNESCO de 1970 — Portal do Ministério Público
  2. Lei n.º 107/2001, de 8 de setembro — PGDLisboa
  3. About the 1970 Convention — UNESCO