Patrimoine mondial

Le Cante Alentejano, chant polyphonique de l'Alentejo

Le Cante Alentejano, chant choral polyphonique et sans instruments de l'Alentejo, a été inscrit sur la Liste du patrimoine immatériel de l'UNESCO en 2014.

Le Cante Alentejano, chant polyphonique de l'Alentejo
Pedro Ribeiro Simões from Lisboa, Portugal, CC BY 2.5 — Wikimedia Commons

Le Cante Alentejano est une forme de chant choral polyphonique, sans accompagnement instrumental, profondément enracinée dans les plaines de l’Alentejo, dans le sud du Portugal. Chanté par des groupes d’amateurs qui peuvent atteindre une trentaine de voix, il se distingue par ses mélodies lentes et graves, par ses textes poétiques sur la vie rurale et par l’absence totale d’instruments : l’harmonie naît exclusivement du croisement des voix. Le 27 novembre 2014, il a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, rejoignant le Fado et la Diète méditerranéenne parmi les expressions portugaises reconnues à l’échelle mondiale.

Comment se chante le Cante

La structure du Cante repose sur une division précise des voix. Le ponto, dans la tessiture grave, ouvre la modá en énonçant le premier vers ; vient ensuite l’alto, voix aiguë qui double la mélodie une tierce ou une dixième au-dessus, souvent avec des ornements, et qui demeure comme voix-guide audible au-dessus de l’ensemble. C’est alors seulement que le chœur tout entier reprend le chant, prolongeant les strophes en tierces parallèles, dans un mouvement solennel et contemplatif.

Sans chef et sans partition, l’équilibre du Cante dépend entièrement de l’écoute mutuelle : chaque chanteur ajuste sa voix à celle de ses compagnons, et c’est de cette attention partagée que résulte sa densité sonore.

Le répertoire puise dans une vaste poésie traditionnelle, organisée en modás qui traitent du travail des champs, de la nature, de l’amour, de la maternité, de la religion et, plus récemment, de thèmes sociaux et politiques. Beaucoup de mélodies semblent conserver des traces de modes anciens, étrangers aux gammes majeures et mineures dominantes dans la musique européenne, ce qui confère au Cante sa coloration particulière.

Racines et territoire

Le Cante s’est formé dans le milieu rural alentejan, associé au travail agricole et aux réunions des tavernes et des caves, et il était pratiqué aussi bien par les hommes que par les femmes. Bien qu’il se chante dans tout le Baixo Alentejo, des localités comme Serpa, Cuba et Mourão sont fréquemment citées comme des foyers où la tradition se conserve sous ses formes les plus authentiques. À Serpa fonctionne le Museu do Cante, consacré à la préservation et à la diffusion de cette expression, et c’est aussi de cette région qu’est partie la candidature à l’UNESCO.

La mécanisation de l’agriculture dans l’après-guerre, la diffusion de la radio et de la télévision et l’exode rural ont fortement réduit les contextes spontanés dans lesquels surgissait le Cante. Sa survie est due avant tout aux groupes choraux organisés, qui maintiennent la pratique vivante lors de répétitions, de festivals et de rencontres, assurant la transmission entre les générations.

Un patrimoine qui unit

Plus qu’un genre musical, le Cante est décrit par l’UNESCO comme un aspect fondamental de la vie sociale des communautés alentejanes, renforçant le dialogue entre générations, sexes et personnes d’origines diverses et contribuant à la cohésion sociale. Il fait aujourd’hui partie de l’ensemble des manifestations du Patrimoine culturel immatériel du Portugal et figure, aux côtés des biens classés au Patrimoine mondial, parmi les témoignages les plus expressifs de l’identité culturelle portugaise.

Questions fréquentes

Quand le Cante Alentejano a-t-il été reconnu par l'UNESCO ?
Il a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité le 27 novembre 2014, lors de la 9e session du Comité intergouvernemental réunie à Paris (référence 01007).
Le Cante Alentejano utilise-t-il des instruments de musique ?
Non. C'est un chant choral exclusivement vocal, sans aucun accompagnement instrumental. La polyphonie est construite uniquement par les voix du groupe.
Que sont le ponto et l'alto dans le Cante ?
Le ponto est la voix grave qui ouvre chaque modá ; l'alto est la voix aiguë qui entre ensuite, doublant la mélodie une tierce ou une dixième au-dessus et guidant le groupe, qui chante les strophes restantes en tierces parallèles.

Sources

  1. UNESCO — Cante Alentejano, polyphonic singing from Alentejo
  2. Matriz PCI — Inventário Nacional do Património Cultural Imaterial
  3. Wikipédia — Cante alentejano