Patrimoine immatériel

Langue mirandaise

Le mirandais, deuxième langue officielle du Portugal, d'origine asturo-léonaise, parlé dans la Terra de Miranda, dans le nord-est du Trás-os-Montes.

Langue mirandaise
MdMV or Emdy idk, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

La langue mirandaise, ou mirandais, est la deuxième langue officielle du Portugal et le témoignage vivant d’une frontière linguistique qui précède l’État portugais lui-même. Parlée dans un petit territoire du nord-est du Trás-os-Montes — la Terra de Miranda —, elle n’est pas un dialecte du portugais, mais une langue à part entière, rameau du tronc asturo-léonais qui s’est développé de façon autonome, à l’écart de la romanisation qui donna naissance au galégo-portugais.

Une langue asturo-léonaise en terre portugaise

Le mirandais descend des variétés asturo-léonaises parlées dans l’ancien royaume de León, auquel la Terra de Miranda était historiquement liée avant la fixation des frontières médiévales. Lorsque la frontière se stabilisa, elle laissa du côté portugais une communauté qui continua de parler la langue de ses voisins de l’intérieur péninsulaire. C’est pourquoi le mirandais conserve des traits archaïques de l’asturo-léonais médiéval, à côté d’innovations propres qui le distinguent des variétés encore parlées aujourd’hui en Espagne.

On reconnaît trois variantes principales : le mirandais central, considéré comme standard ; le mirandais raiano ou septentrional, parlé le long de la frontière ; et le sendinais, propre à la localité de Sendim, aux caractéristiques phonétiques singulières. Cette diversité interne, sur un territoire de quelques centaines de kilomètres carrés, révèle la profondeur historique de l’enracinement de la langue.

Du mépris à la reconnaissance officielle

Pendant des siècles, le mirandais fut une langue d’usage domestique et rural, transmise oralement et regardée avec un certain dédain comme un parler « frontalier ». Sa valeur scientifique fut révélée par le philologue José Leite de Vasconcelos, qui l’étudia à la fin du XIXe siècle et l’identifia comme une langue distincte, lui consacrant des œuvres pionnières qui le placèrent sur la carte de la romanistique européenne.

Le mirandais n’est pas né de l’altération du portugais : il est né avant lui, et il a survécu parce qu’une communauté a décidé, génération après génération, de continuer à parler la langue de ses ancêtres.

Le tournant institutionnel survint avec la loi n° 7/99 du 29 janvier, qui reconnut officiellement les droits linguistiques de la communauté mirandaise. Le texte consacra le droit de cultiver et de promouvoir la langue, de l’enseigner dans les écoles et de l’employer auprès des institutions publiques de la commune de Miranda do Douro. Dès lors, le mirandais commença à être enseigné, normalisé par une convention orthographique et utilisé dans des publications, des traductions littéraires et des actes institutionnels.

Un patrimoine culturel vivant et menacé

La langue est le fil qui unit un ensemble remarquable d’expressions culturelles de la région, intégrées au patrimoine culturel immatériel portugais. Les textes et les chants qui accompagnent les danses des pauliteiros de Miranda, le son de la cornemuse mirandaise et le vêtement de la capa de honras de Miranda forment, avec le mirandais, un tout culturel indissociable dont le cœur se trouve à Miranda do Douro.

Malgré la reconnaissance légale et les efforts de revitalisation, le mirandais connaît un déclin marqué. Les études les plus récentes estiment quelques milliers de locuteurs, avec un fort vieillissement de la communauté et une rupture dans la transmission entre les générations, aggravée par le dépeuplement de l’intérieur et par la pression du portugais diffusé par les médias. L’avenir de la langue dépend aujourd’hui, dans une large mesure, de sa présence effective dans les écoles et de la valorisation culturelle de ceux qui la parlent.

Protéger le mirandais, c’est préserver non seulement un système de sons et de mots, mais une manière propre de nommer et d’habiter le monde — l’une des voix les plus anciennes et les plus singulières du patrimoine immatériel du Portugal.

Questions fréquentes

Le mirandais est-il une langue officielle au Portugal ?
Oui. La loi n° 7/99 du 29 janvier a officiellement reconnu les droits linguistiques de la communauté mirandaise, conférant au mirandais le statut de deuxième langue officielle du Portugal, dont l'usage est reconnu dans la commune de Miranda do Douro.
À quelle famille linguistique appartient le mirandais ?
Le mirandais appartient au groupe asturo-léonais des langues ibéro-romanes occidentales, partageant son origine avec l'asturien et le léonais parlés en Espagne. Il ne dérive pas du portugais, mais est antérieur à la formation même du Portugal.
Combien de personnes parlent le mirandais ?
Les estimations les plus récentes font état d'environ 3 500 locuteurs, dont un nombre bien moindre l'emploie de manière régulière. L'UNESCO et les linguistes classent le mirandais parmi les langues menacées.

Sources

  1. Língua mirandesa — Wikipédia
  2. Lei n.º 7/99 — Diário da República
  3. Mirandese — Wikidata (Q13330)