Monuments
Monastère d'Arouca
Le monastère d'Arouca, monastère cistercien féminin lié à la bienheureuse Mafalda, à Arouca, district d'Aveiro, avec un remarquable chœur et une orfèvrerie…
Le monastère d’Arouca, ou monastère de Santa Maria de Arouca, s’élève au centre de la ville d’Arouca, dans le district d’Aveiro, niché dans une vallée montagneuse aujourd’hui intégrée au Geopark d’Arouca. Ses origines remontent à la première moitié du Xe siècle, lorsqu’une petite communauté religieuse s’installa sur les lieux sous l’invocation de saint Benoît de Nursie. Durant plus d’un millénaire, le cénobite accompagna les grandes transformations monastiques du territoire portugais, étant classé Monument National depuis 1910.
De la fondation à la réforme de Cîteaux
La maison monastique connut un tournant décisif au début du XIIIe siècle. Vers 1217, se retira à Arouca Mafalda (vers 1195–1256), fille de D. Sancho I et petite-fille de D. Afonso Henriques, brièvement reine de Castille par un mariage annulé. On lui associe l’adhésion de la communauté à la réforme de l’Ordre de Cîteaux, formalisée en 1226, qui transforma l’ancien monastère bénédictin en un cénobite cistercien féminin. Mafalda consacra ses dernières années à la vie religieuse et au gouvernement de la maison ; décédée en 1256, elle fut enterrée à Arouca et son culte se consolida au fil des siècles, culminant avec sa béatification en 1792.
Le destin du monastère se confondit à tel point avec la mémoire de sa protectrice royale qu’aujourd’hui encore la ville conserve sa figure comme patronne, et l’urne qui abrite ses restes mortels demeure l’un des centres dévotionnels de l’édifice.
L’intégration à l’ordre cistercien rapprocha Arouca d’un vaste réseau de maisons réformées, dont le monastère d’Alcobaça constitua la tête au Portugal. Comme dans d’autres monastères portugais, la communauté d’Arouca organisa sa vie autour du silence, du travail et de la prière chorale.
La reconstruction baroque
L’ensemble que l’on observe aujourd’hui résulte principalement d’une vaste campagne de travaux commencée à la fin du XVIIe siècle et prolongée tout au long du XVIIIe siècle, marquée par un incendie en 1725 qui obligea à reconstruire une grande partie des dépendances. De cette phase date la physionomie maniériste et baroque de l’église, du cloître et des vastes ailes conventuelles, conçues pour une communauté nombreuse.
À l’intérieur, se distingue le chœur des moniales, bas et séparé de la nef par un arc, selon une disposition également retrouvée à Lorvão et Cós. On y conserve un remarquable ensemble de stalles en jacaranda avec plus d’une centaine de places, réalisé vers 1725 par des maîtres lisboètes, dont les dossiers en orfèvrerie dorée intègrent des peintures représentant des scènes de la vie de la bienheureuse Mafalda et de saints cisterciens. La profusion d’orfèvrerie dorée, qui recouvre le chœur et le corps de l’église, s’inscrit dans le langage du baroque joanino alors dominant dans le Nord du pays.
L’orgue et le Musée d’Art Sacré
Vers 1741 s’acheva l’installation d’un grand orgue à tuyaux, placé entre l’église du peuple et le chœur des religieuses. Construit par un facteur d’orgues de Valladolid, avec plus de mille tuyaux et plus de deux douzaines de registres, il est considéré par les spécialistes comme l’un des instruments les plus importants de l’école organistique ibérique.
Après l’extinction des ordres religieux et la fin de la vie monastique, une partie du patrimoine mobilier du monastère fut rassemblée dans le Musée d’Art Sacré, considéré comme l’un des plus riches de la péninsule Ibérique dans son genre. Il réunit orfèvrerie, paramentique, sculpture, peinture, manuscrits liturgiques et mobilier, témoignage de la longue continuité d’une communauté qui, pendant plus de huit siècles, fit d’Arouca l’un des grands centres monastiques du Nord du Portugal.
Questions fréquentes
- Qui était la bienheureuse Mafalda et quel était son lien avec Arouca ?
- Mafalda (vers 1195–1256), fille de D. Sancho I, se retira au monastère à partir de 1217. On lui attribue l'adhésion de la communauté à l'Ordre de Cîteaux, et son corps repose dans l'église. Elle fut béatifiée en 1792.
- Quand le monastère a-t-il adopté la règle cistercienne ?
- La communauté, à l'origine bénédictine, adopta la réforme de l'Ordre de Cîteaux en 1226, devenant ainsi un monastère cistercien féminin.
- Que peut-on visiter au monastère d'Arouca aujourd'hui ?
- L'église baroque avec son orfèvrerie dorée et le chœur des moniales, les stalles, le célèbre orgue à tuyaux du XVIIIe siècle et le Musée d'Art Sacré, l'un des plus riches de la péninsule Ibérique.