Archéologie
Ribeira de Piscos
Noyau d'art rupestre de Ribeira de Piscos, dans la vallée du Côa (Foz Côa), célèbre pour les chevaux superposés de la Roche 1 et pour l'Homme de Piscos.
La Ribeira de Piscos est l’un des noyaux les plus emblématiques de l’art rupestre paléolithique de la vallée du Côa. Il se développe autour de l’embouchure d’un petit affluent, sur la rive gauche du fleuve Côa, dans la paroisse de Muxagata, municipalité de Vila Nova de Foz Côa. Ici ont été identifiées 42 roches gravées, dont 27 avec des représentations paléolithiques, ce qui fait de ce site l’un des ensembles les plus denses et expressifs intégrés au patrimoine archéologique de la vallée du Côa.
Les chevaux entrelacés de la Roche 1
L’image qui a rendu célèbre ce noyau se trouve à la base de la vallée, près du lit de la rivière : deux chevaux représentés avec les têtes superposées, dans une composition d’un remarquable maîtrise graphique. La superposition soignée des têtes, loin d’être un hasard de gravures accumulées, semble intentionnelle et confère à la scène un caractère narratif inhabituel dans le panorama de l’art rupestre du Côa. C’est l’une des compositions les plus reproduites de tout l’art paléolithique en plein air, datable d’une période ancienne du cycle gravettien-solutréen, entre environ 30 000 et 25 000 ans avant notre ère.
La force de la Roche 1 ne réside pas seulement dans la qualité du trait, mais dans l’idée de relation entre deux animaux — quelque chose qui rapproche la gravure d’une véritable scène, et non d’une simple juxtaposition de figures.
L’Homme de Piscos
Si les grands herbivores — chevaux, aurochs, bouquetins et cerfs — dominent le bestiaire du Côa, les figures humaines y sont extrêmement rares. La Ribeira de Piscos conserve une des exceptions : l’Homme de Piscos, gravé sur la Roche 2 et superposé à un aurochs exécuté en technique striée. Il s’agit de l’un des très rares anthropomorphes de chronologie paléolithique connus au Portugal qui suit les canons de représentation humaine attribuables à cette période. Ces figures humaines n’apparaissent que sur des roches gravées entre environ 18 000 et 14 000 ans avant notre ère, et encore de manière exceptionnelle — seulement sur deux roches de ce noyau et sur deux autres du site voisin du Fariseu.
Technique, chronologie et contexte
Les gravures combinent plusieurs techniques — piquetage, incision fine et abrasion —, traduisant une longue diachronie d’exécution. L’art du Côa a été produit sur une vaste période, entre environ 30 000 et 12 000 ans avant notre ère, la vallée ayant été réoccupée ultérieurement à des époques post-paléolithiques, dont témoigne un panneau peint plus récent. Cette continuité aide à comprendre pourquoi l’ensemble est considéré comme un sanctuaire en plein air.
La Ribeira de Piscos fait partie du site classé au patrimoine mondial par l’UNESCO en 1998 — les Sites d’art rupestre préhistorique de la vallée du Côa, étendu en 2010 à Siega Verde, en Espagne. Il fait partie d’un réseau de noyaux visitables qui inclut Penascosa et Canada do Inferno, points de départ incontournables pour qui veut comprendre la signification de l’art paléolithique en plein air dans la péninsule Ibérique, dont le panneau isolé de Mazouco, dans le Douro, constitue l’un des premiers témoignages reconnus.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce qui rend Ribeira de Piscos un noyau singulier de la vallée du Côa ?
- Il réunit deux motifs extrêmement rares dans le contexte paléolithique : les deux chevaux aux têtes entrelacées de la Roche 1 et l'Homme de Piscos, l'une des très rares figures humaines connues dans le Côa.
- Où se situe et comment visiter Ribeira de Piscos ?
- Il se trouve dans la paroisse de Muxagata, municipalité de Vila Nova de Foz Côa, sur la rive gauche de la rivière près de son embouchure dans le Côa. Les visites se font avec un guide, sur réservation préalable, à partir du Musée du Côa.