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Art rupestre de la vallée du Côa et du Paléolithique
Gravures rupestres paléolithiques en plein air de la vallée du Côa, à Vila Nova de Foz Côa, classées par l'UNESCO en 1998 comme Patrimoine mondial.
Les gravures rupestres de la vallée du Côa forment le plus vaste ensemble connu d’art paléolithique en plein air de la planète. Dispersées sur les versants de schiste qui bordent le fleuve Côa, affluent du Douro, dans la municipalité de Vila Nova de Foz Côa (district de Guarda), ces figures gravées dans la roche documentent une tradition artistique qui a traversé des millénaires, du Paléolithique supérieur jusqu’à des époques plus récentes. Leur découverte et leur préservation, à la fin du XXe siècle, constituent l’un des épisodes les plus marquants de l’archéologie européenne.
Une découverte au seuil de la destruction
La présence de gravures dans le Côa a été reconnue en 1992, au cours des études d’impact environnemental liées à la construction d’un barrage destiné à submerger la vallée. À mesure que se révélaient l’étendue et l’ancienneté des panneaux, notamment dans le noyau de Canada do Inferno, une intense controverse nationale et internationale s’est installée. La question opposait l’exploitation hydroélectrique à la sauvegarde d’un témoignage archéologique exceptionnel. En novembre 1995, le gouvernement a décidé de suspendre définitivement les travaux, dans un geste résumé par la devise populaire « les gravures ne savent pas nager ».
Le Côa a été sauvé non pas parce qu’il était beau, mais parce qu’il était lisible : chaque cheval, auroch ou bouquetin gravé dans le schiste est un document sur la pensée des chasseurs-cueilleurs de la fin de la dernière glaciation.
Le Paléolithique gravé dans la pierre
La grande majorité des figures date du Paléolithique supérieur, dans un arc temporel situé approximativement entre 22 000 et 10 000 av. J.-C., couvrant des phases comme le Gravettien, le Solutréen et le Magdalénien. Les animaux dominent le répertoire : chevaux, aurochs (bovidés sauvages), cerfs et bouquetins, exécutés par piquetage, incision fine et abrasion. Il s’agit d’un chapitre central de l’art rupestre paléolithique ibérique, rare par le fait d’être gravé en plein jour, et non à l’intérieur de grottes comme à Lascaux ou Altamira.
La continuité de l’occupation humaine a fait de la vallée un palimpseste : sur les figures paléolithiques se superposent des manifestations plus tardives, de l’âge du Bronze, de l’âge du Fer et même des époques historiques, ce qui inscrit le Côa dans un panorama plus large de l’art préhistorique au Portugal.
Patrimoine mondial et parc archéologique
Classé comme Monument national en 1997, l’ensemble a été inscrit sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998, sous la référence 866 et selon les critères (i) et (iii). En 2010, le classement a été étendu pour inclure le site espagnol de Siega Verde, dans la province de Salamanque, formant un bien transfrontalier qui souligne l’unité de cette tradition artistique le long des fleuves Côa et Águeda.
Aujourd’hui, la gestion et l’interprétation du territoire relèvent du parc archéologique et du musée basés à Vila Nova de Foz Côa, qui organisent des visites dans des noyaux comme Penascosa, Ribeira de Piscos et Canada do Inferno. L’expérience se complète par la découverte de la vallée du Côa en tant que paysage culturel, où l’archéologie, le fleuve et les vignobles du Douro s’entrelacent dans l’un des lieux les plus singuliers de l’Europe préhistorique.
Questions fréquentes
- Quand a été découvert l'art rupestre de la vallée du Côa ?
- Les gravures ont été identifiées en 1992 lors des études archéologiques liées à la construction d'un barrage sur le fleuve Côa, leur importance ayant été reconnue en 1994-1995.
- Pourquoi la vallée du Côa est-elle si importante ?
- Elle constitue le plus grand ensemble connu d'art rupestre paléolithique en plein air, avec des milliers de figures gravées dans le schiste sur plus de vingt mille ans.
- La vallée du Côa est-elle classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO ?
- Oui. Elle a été inscrite en 1998 (référence 866) et, en 2010, le classement a été étendu pour inclure le site espagnol de Siega Verde.