Monuments
Cathédrale de Lisbonne (Santa Maria Maior)
La Cathédrale de Lisbonne (Santa Maria Maior), cathédrale romane fondée en 1147 sur la colline du château, avec cloître gothique, chœur et trésor.
La Cathédrale de Lisbonne, officiellement Église de Santa Maria Maior, est la plus ancienne cathédrale de la ville et l’une des œuvres romanes les plus emblématiques du Portugal. Elle s’élève sur la pente descendant du Château de São Jorge vers le Tage, au cœur du Lisbonne médiéval, et a servi de siège au patriarcat lisboète pendant plus de huit siècles. Sa façade à deux tours et rosace condense la mémoire de la fondation chrétienne de la ville après la Reconquista.
Fondation et construction
La cathédrale est née de la conquête de Lisbonne aux Almohades par D. Afonso Henriques en 1147, avec le soutien des croisés en route pour la Terre Sainte. Sur le site de l’ancienne mosquée aljama fut consacrée une nouvelle église dédiée à Sainte Marie, et le premier évêque du Lisbonne chrétien fut l’Anglais Gilberto de Hastings. Les travaux de l’édifice roman se prolongèrent durant la seconde moitié du XIIe siècle et les premières décennies du XIIIe, donnant à la cathédrale l’aspect d’une église-forteresse, avec des murs épais, des tours robustes et peu d’ouvertures — un langage partagé avec d’autres cathédrales de la même époque, comme la Cathédrale de Porto et la Cathédrale Vieille de Coimbra.
Plus qu’un temple, la cathédrale romane fut conçue comme un symbole de souveraineté : sa silhouette massive affirmait, sur la ville reconquise, la présence d’un nouveau pouvoir.
Du gothique au baroque
L’histoire constructive de la cathédrale est celle de campagnes successives qui y superposèrent des styles. Dès le règne de D. Dinis fut érigé le cloître gothique, de plan inhabituel et arcades en ogive ; sous D. Afonso IV (1325–1357), le chevet fut reconstruit avec un déambulatoire, destiné à devenir un panthéon royal, dans un gothique d’une élégance remarquable. Le tremblement de terre de 1755 ruina le chœur et une partie des voûtes, qui furent reconstruits dans des styles baroque et néoclassique. Cette stratification rapproche la cathédrale du parcours d’autres grandes cathédrales médiévales, comme la Cathédrale d’Évora, où chaque époque a laissé sa marque.
Trésor, reliques et classement
La cathédrale conserve encore le trésor, rassemblé dans la sacristie et des salles annexes, avec des pièces d’orfèvrerie, des croix processionnelles du XVIe siècle, des ornements liturgiques et des manuscrits enluminés. À la cathédrale est associé le culte de Saint Vincent, patron de Lisbonne, dont les reliques, selon la tradition, y furent apportées de l’Algarve. Dans le cloître se déroulent depuis la fin du XXe siècle d’importantes fouilles archéologiques, qui ont révélé des vestiges romains, wisigothiques et islamiques, témoignant de la longue occupation du site.
Classée Monument National depuis 1907, la Cathédrale de Lisbonne reste l’un des points de repère de la ville et un témoignage matériel de ses multiples couches historiques. Pour situer son importance dans le contexte régional, voir aussi l’ensemble patrimonial de Lisbonne et de la Vallée du Tage.
Questions fréquentes
- Quand a été fondée la Cathédrale de Lisbonne ?
- La construction de la cathédrale a commencé peu après la conquête de Lisbonne par D. Afonso Henriques en 1147, sur le site de l'ancienne mosquée aljama. Le corps roman fut achevé dans les premières décennies du XIIIe siècle.
- Quels styles architecturaux trouve-t-on dans la Cathédrale ?
- Le style roman prédomine dans la façade, la nef et le transept, mais le déambulatoire et le cloître sont gothiques, résultat des travaux des XIIIe et XIVe siècles, et le chœur fut reconstruit dans un style baroque après le tremblement de terre de 1755.
- Peut-on visiter le cloître et le trésor ?
- Oui. Le cloître gothique, avec des fouilles archéologiques à ciel ouvert, et le trésor de la cathédrale, contenant des pièces d'orfèvrerie, des ornements liturgiques et des manuscrits, font partie du circuit de visite, généralement soumis à un billet d'entrée.