Patrimónios Études sur le patrimoine culturel portugais

Monuments

Chapelle de Saint-Fructueux de Montélios

Real (Braga) : la chapelle São Frutuoso de Montélios, croix grecque, arcades en fer à cheval, datation débattue entre le VIIe et le Xe siècle, classée.

Questions fréquentes Sources
Façade nord de la chapelle de Saint-Fructueux de Montélios, en pierre de taille, avec des arcs aveugles et, à droite, l'arc de l'arcosolium présumé
GFreihalter (editada por MenkinAlRire), CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Lieu
Real, Braga, Braga
Construction
Datação debatida: séc. VII (primitiva) ou início do séc. X; reconstrução no séc. X

La chapelle de Saint-Fructueux de Montélios se trouve au lieu-dit de Real, à Braga, adossée à l’église de l’ancien monastère de Saint-François. C’est une construction minuscule, à plan en croix avec quatre absides identiques, et l’une des plus discutées du haut Moyen Âge péninsulaire. Les manuels la présentent comme l’exemple majeur de l’art wisigothique au Portugal ; la recherche la plus récente la rattache plutôt au Xe siècle et à l’art mozarabe. Quelle que soit la lecture retenue, c’est l’un des édifices les plus anciens du pays.

Fructueux et Montélios

Selon le registre du Patrimoine culturel, I.P., la chapelle doit son existence à saint Fructueux, évêque de Dume puis de Braga à l’époque wisigothique, qui choisit d’être enseveli ici dans la décennie 660. Autour existait un ensemble monastique beaucoup plus vaste, centre religieux de la région à cette période, qui disparut très probablement au début du XVIe siècle, lorsque les franciscains reconstruisirent le monastère. La chapelle est le seul élément de cet ensemble du haut Moyen Âge parvenu jusqu’à nous.

Un plan sans parallèle

L’édifice présente un plan centré : quatre absides identiques articulées autour d’une croisée carrée. Le registre national le décrit comme un témoignage unique sur le territoire portugais, sans ressemblances évidentes avec d’autres œuvres du haut Moyen Âge voisines, et c’est cette singularité qui explique les interprétations et les datations opposées. Les ressemblances avec le mausolée de Galla Placidia, à Ravenne, restent, selon la même source, décisives pour qui défend une origine wisigothique.

La lecture proposée par le registre distingue deux phases. La construction primitive, wisigothique, suivrait un modèle orientalisant, ravennate-byzantin : plan en croix grecque, extérieur décoré d’arcs aveugles alternant plein cintre et en mitre, et une tour carrée au-dessus de la croisée, couverte d’un toit à quatre pans. Au Xe siècle, après la reconquête de la région et le repeuplement, la chapelle aurait été reconstruite : les absides, de plan intérieur carré, devinrent semi-circulaires, et à l’entrée de chacune fut élevée une triple arcade en arc en fer à cheval, sorte d’iconostase qui compartimente l’espace selon la liturgie hispanique alors en vigueur. Le registre précise qu’il ne s’agit que d’une lecture possible, faute de certitudes sur les parties constitutives de l’édifice.

Wisigothique ou mozarabe ?

Le débat entre « wisigothistes » et « mozarabistes » est au cœur de l’histoire du monument. Le registre du Patrimoine culturel, I.P. accorde aujourd’hui davantage de poids aux arguments qui situent la construction au début du Xe siècle, moment où le culte de l’évêque fut renouvelé dans le cadre du repeuplement d’Alphonse III. Cette lecture s’appuie sur l’identification d’un ajimez et sur la présence, probable, d’une frise d’arcatures aveugles sur la tour de la croisée, éléments qui rapprochent la chapelle de l’architecture hispanique du Xe siècle, ainsi que sur le classicisme de la construction, propre à un courant artistique de la première moitié de ce siècle. Le même texte remarque en revanche que la qualité et l’érudition du programme indiquent un projet unique, conçu et réalisé d’un seul tenant.

Cette ambiguïté se retrouve dans les pages de ce site : celle consacrée à l’art wisigothique place la chapelle au VIIe siècle, tandis que celle consacrée à l’art asturien et préroman met l’accent sur la reconstruction du Xe siècle. Qui écrit sur Montélios doit dire laquelle de ces chronologies il retient, et pourquoi.

Une restauration restée inachevée

Le débat a aussi touché les travaux. Le registre national rapporte que, dans une première phase, sous la direction de João de Moura Coutinho, la chapelle fut restaurée en prenant pour modèle les constructions tardo-antiques de Ravenne, et que l’on alla jusqu’à reproduire des éléments décoratifs identiques à d’autres découverts lors de la démolition de bâtiments voisins. La lenteur du processus au sein de la Direction-générale des bâtiments et monuments nationaux et, surtout, la découverte de l’ajimez conduisirent à l’arrêt puis à l’abandon du projet. La restauration ne fut jamais achevée : elle resta inachevée au niveau des couvertures et de certains remplissages des murs, ce qui, selon le registre, reste aujourd’hui bien visible pour le visiteur.

Que voir

À l’extérieur, la pierre de taille et les arcs aveugles, avec l’arc qui aurait abrité le tombeau du saint, du côté nord du bras oriental. À l’intérieur, les triples arcades en fer à cheval qui précèdent les absides, les chapiteaux et la frise, le pavement avec des dalles funéraires et la voûte de la croisée, éléments que le registre documente par la photographie. Au sol, on distingue encore des traces de bases de colonnes, qui suggèrent de petits déambulatoires dans les absides.

Classement

La chapelle est Monument national, classée par le décret n° 33 587 du 27 mars 1944 (Diário do Governo, I série, n° 63), qui la désigne comme « Chapelle de S. Frutuoso, à S. Jerónimo de Real ». La zone spéciale de protection a été fixée par la portaria n° 624/2014 du 28 juillet. Le registre indique le Patrimoine culturel, I.P. comme entité affectataire du bien. Elle ne figure dans aucune inscription de l’UNESCO. Pour le contexte urbain et religieux, voir aussi la cathédrale de Braga.

Préparer la visite

La chapelle se trouve sur le Largo de São Francisco, à Real, à côté de l’ensemble de Saint-François. Lors de la consultation du 5 novembre 2026, nous n’avons trouvé ni horaires ni tarifs publiés dans une source officielle que nous pouvions consulter ; nous ne les indiquons donc pas. Confirmez les conditions de visite auprès du Patrimoine culturel, I.P. (patrimoniocultural.gov.pt) ou de l’office de tourisme de Braga avant de vous déplacer.

Photographie de GFreihalter, retouchée par MenkinAlRire, du 12 avril 2016 (façade nord, avec l’arc de l’arcosolium présumé). Original sur Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 3.0 ; redimensionnée et compressée pour le web, sans modification de la composition.

Questions fréquentes

La chapelle de Saint-Fructueux de Montélios est-elle wisigothique ?
La question reste ouverte. Le registre du Patrimoine culturel, I.P. décrit une construction primitive wisigothique, de modèle ravennate-byzantin, et une reconstruction au Xe siècle, mais rappelle que les certitudes sont rares et que les datations sont contradictoires. Aujourd'hui, précise le même registre, les arguments en faveur d'une chronologie située au début du Xe siècle sont plus solides.
Qui était saint Fructueux ?
Il fut évêque de Dume puis de Braga à l'époque wisigothique. Selon le registre national, il choisit d'être enseveli à Montélios dans la décennie 660.
Quel est le statut de classement de la chapelle ?
Monument national, par le décret n° 33 587 du 27 mars 1944 (Diário do Governo, I série, n° 63). La zone spéciale de protection a été fixée par l'arrêté (portaria) n° 624/2014 du 28 juillet 2014. Elle ne fait partie d'aucune inscription de l'UNESCO.
Peut-on visiter la chapelle ?
Lors de la consultation du 5 novembre 2026, nous n'avons trouvé aucun horaire officiel publié dans une source que nous pouvions consulter. Avant de vous déplacer, confirmez l'horaire auprès du Patrimoine culturel, I.P., qui figure dans le registre comme entité affectataire, ou auprès de la municipalité de Braga.

Sources

  1. Património Cultural, I.P. — Capela de São Frutuoso (70191)
  2. Património Cultural, I.P. — Atlas do Património Classificado e em Vias de Classificação (NINV 2192)
  3. Diário do Governo — Decreto n.º 33 587, de 27 de março de 1944 (I série, n.º 63)
  4. Diário da República — Portaria n.º 624/2014, de 28 de julho (ZEP da Capela de São Frutuoso)
  5. Wikidata — Capela de São Frutuoso (Q2064832)

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