Patrimoine mondial

La fauconnerie, un patrimoine humain vivant

La fauconnerie au Portugal, avec pour épicentre la Fauconnerie royale de Salvaterra de Magos, inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.

La fauconnerie, un patrimoine humain vivant
GualdimG, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

La fauconnerie — l’art d’élever, de dresser et de faire voler des oiseaux de proie pour la chasse — est l’une des traditions culturelles les plus anciennes de l’humanité, dotée d’un fil de transmission ininterrompu qui traverse les millénaires. Au Portugal, cette pratique trouve son expression la plus haute dans la ville ribatéjane de Salvaterra de Magos, dans le district de Santarém, où la cour entretenait sa fauconnerie royale. L’élément multinational « La fauconnerie, un patrimoine humain vivant » figure sur la Liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, sous le numéro de référence 01708 — une candidature qui réunit, après l’élargissement de 2021, vingt-quatre États de quatre continents.

Une candidature partagée par de nombreux peuples

Peu d’éléments du patrimoine immatériel mondial sont aussi authentiquement transnationaux. La fauconnerie a été inscrite pour la première fois en 2010 et n’a cessé d’être élargie à mesure que de nouveaux pays y adhéraient : le Portugal s’y est joint en 2016, lors de la 11e session du Comité intergouvernemental tenue à Addis-Abeba, et en 2021 l’ensemble s’est étendu à vingt-quatre nations, des Émirats arabes unis à la Corée du Sud, de la Mongolie à l’Espagne. C’est l’élément comptant le plus grand nombre d’États associés de toute la liste de l’UNESCO, témoignage d’une pratique qui, née du besoin de se procurer de la nourriture, est devenue un mode de relation à la nature partagé par des cultures fort éloignées les unes des autres.

La fauconnerie ne s’inscrit ni dans un monument ni dans un objet : elle vit dans la relation entre le fauconnier et l’oiseau, dans un savoir transmis de génération en génération qu’aucune pierre ne saurait conserver.

La Fauconnerie royale de Salvaterra de Magos

Le lien du Portugal à la fauconnerie royale a son épicentre à Salvaterra de Magos, où la Maison royale installa sa réserve de chasse et la fauconnerie correspondante. Au XVIIIe siècle, dans le cadre du Palais royal, s’éleva un édifice singulier — la Fauconnerie proprement dite —, de plan centralisé et symétrique, organisé autour d’une cour intérieure et doté d’un pigeonnier de plan circulaire comptant quelque trois cents niches destinées à abriter les pigeons utilisés pour le dressage des faucons.

Cette construction, de tracé pombalin et inspirée des fauconneries néerlandaises du XVIIIe siècle, est aujourd’hui considérée comme un exemplaire unique dans la péninsule Ibérique. Et ce n’est pas un hasard : sous le règne de D. José Ier, les fauconniers européens les plus réputés, originaires surtout des Pays-Bas, servirent dans la fauconnerie royale et nombre d’entre eux s’établirent définitivement dans la ville, y fondant une famille et enracinant localement un savoir qui se serait autrement perdu. Restaurée et muséalisée, la Fauconnerie royale est aujourd’hui un lieu où la pratique demeure vivante, avec des oiseaux, des démonstrations et des actions de transmission à de nouveaux praticiens.

Signification et sauvegarde

L’inscription à l’UNESCO reconnaît la fauconnerie non comme un spectacle, mais comme une pratique sociale et patrimoniale liée à la conservation des espèces, à la connaissance éthologique des oiseaux et à un vocabulaire, à des gestes et à des outils propres qui constituent un véritable corps culturel. Au Portugal, la candidature a été conduite par la municipalité de Salvaterra de Magos en partenariat avec l’Université d’Évora et l’Association portugaise de fauconnerie, articulant administration locale, recherche académique et communauté de praticiens.

Aux côtés d’autres expressions du patrimoine immatériel portugais reconnues internationalement — comme le cante alentejano ou le régime méditerranéen —, la fauconnerie s’inscrit dans l’ensemble des traditions vivantes que le Portugal partage avec le Patrimoine mondial. Sa sauvegarde dépend moins de mesures de protection physique que de la continuité de l’apprentissage : tant qu’il y aura des fauconniers pour enseigner leur métier, l’élément demeurera, par définition, un patrimoine humain vivant.

Questions fréquentes

Quand la fauconnerie a-t-elle été reconnue par l'UNESCO ?
Le Portugal a adhéré à l'élément « La fauconnerie, un patrimoine humain vivant » en décembre 2016, lors de la 11e session du Comité intergouvernemental tenue à Addis-Abeba. L'élément a ensuite été élargi en 2021, réunissant alors 24 États tout en conservant le numéro de référence 01708 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Où peut-on visiter la fauconnerie au Portugal ?
Le principal centre est la Fauconnerie royale de Salvaterra de Magos, dans le district de Santarém. L'ensemble, édifié au XVIIIe siècle auprès de l'ancien Palais royal, conserve le pigeonnier et les installations d'élevage et de dressage des oiseaux de proie ; il constitue aujourd'hui un espace muséal et un lieu de pratique vivante de la fauconnerie.
Combien de pays composent l'élément de la fauconnerie ?
L'élément « La fauconnerie, un patrimoine humain vivant » est une candidature multinationale qui, après l'élargissement de 2021, réunit 24 États membres — le plus grand nombre de pays associés à un seul élément des listes du patrimoine immatériel de l'UNESCO.

Sources

  1. UNESCO — Falconry, a living human heritage (01708)
  2. Real Falcoaria de Salvaterra de Magos
  3. Falcoaria do Paço Real de Salvaterra de Magos — SIPA
  4. Falcoaria — Wikipédia