Patrimoine immatériel

Ferblanterie

La ferblanterie : le métier traditionnel du ferblantier au Portugal, qui transforme le fer-blanc et le laiton en ustensiles domestiques, agricoles et décoratifs.

Ferblanterie
Virginia State Parks staff, CC BY 2.0 — Wikimedia Commons

La ferblanterie est l’art et le métier du ferblantier, l’artisan qui fabrique, répare et reconditionne des objets en tôle métallique de couleur claire ou jaunâtre — surtout le fer-blanc (tôle d’acier revêtue d’étain), le laiton et la tôle galvanisée. Plus qu’une technique, c’est un savoir-faire d’une extrême polyvalence, dans lequel chaque pièce est conçue et exécutée pour répondre à un besoin concret de la vie domestique, agricole ou festive.

Un métier forgé dans la tôle

Le travail du ferblantier se déroule entièrement à froid. Il commence par le tracé et la mise à plat du dessin sur la tôle, à l’aide de gabarits, de compas à pointes et d’instruments de mesure. Viennent ensuite la coupe à la cisaille à tôle et le façonnage de la pièce sur l’enclume, exécuté au moyen de plis, de pliures et de courbures obtenus avec des marteaux et des maillets de bois. Les parties s’assemblent par soudure au plomb-étain, les jonctions de plus grande dimension étant renforcées par des agrafes superposées, soigneusement battues avant la soudure.

L’atelier traditionnel réunit un établi, des enclumes posées sur des billots de bois et des bastaings aux profils concaves servant à mouler les surfaces courbes. Parmi l’outillage figurent des pinces, des filières, des limes, le fer à souder et des moules — beaucoup d’entre eux construits par l’artisan lui-même, à la mesure des pièces qu’il entend réaliser.

La fonctionnalité est la véritable signature de la ferblanterie : un couvercle articulé, une anse bien équilibrée ou un bec calculé au millimètre révèlent plus d’ingéniosité que n’importe quel ornement.

Des navires des Découvertes à la maison rurale

La ferblanterie prit son essor au Portugal à partir du XVe siècle, liée à l’époque des Découvertes, pour la fabrication de récipients destinés à stocker liquides et matières sèches à bord des embarcations. Au XVIe siècle, les ferblantiers atteignirent un grand prestige, au point que le Sénat de Lisbonne leur accorda un règlement propre. Après une période de stagnation pendant la guerre de Restauration, la politique mercantiliste du marquis de Pombal stimula une nouvelle phase de développement, et à la fin du XVIIIe siècle l’activité devint notable à l’échelle nationale, avec une plus forte présence dans les bourgs et les villes du nord du pays.

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l’introduction de l’aluminium et, plus tard, du celluloïd, des plastiques et de la tôle de fer galvanisée fit reculer la demande des objets en fer-blanc — une tendance qui s’aggrava au cours du XXe siècle avec la production industrielle en série.

Un savoir en péril

Aujourd’hui, il ne reste que très peu de ferblantiers en activité, pour la plupart déjà âgés, ce qui place la ferblanterie parmi les métiers traditionnels les plus menacés du Portugal. Certains objets conservent une utilité pratique — entonnoirs, arrosoirs et ustensiles liés à la fabrication du fromage —, tandis que lampes, lanternes et pièces décoratives trouvent un marché en tant qu’objets ornementaux d’inspiration rurale. Ce n’est pas un hasard si l’arrosoir, artefact typique de la ferblanterie, a été adopté par diverses institutions comme symbole de l’usage rationnel de l’eau.

La ferblanterie s’inscrit dans l’univers des métiers du métal et dialogue avec le fer forgé et l’art du fer, partageant avec la fabrication des sonnailles la même logique de transformation artisanale de la tôle et de l’alliage. Aux côtés de la poterie traditionnelle portugaise, elle constitue un chapitre essentiel du patrimoine culturel immatériel du Portugal, dont la transmission dépend aujourd’hui d’une poignée de maîtres et de programmes de sauvegarde du savoir-faire.

Questions fréquentes

Que fait un ferblantier ?
Le ferblantier est l'artisan qui fabrique, répare et reconditionne des objets en tôle métallique, surtout en fer-blanc, en laiton et en tôle galvanisée, travaillant le métal à froid à l'aide de cisailles, du maillet et du fer à souder.
Quels objets fabrique-t-on en ferblanterie ?
Des arrosoirs, des lampes et des lampions à huile, des entonnoirs, des cruches, des bassines, des seaux, des lanternes, des moules à gâteaux et des mesures pour liquides et matières sèches, des pièces marquées par une extrême fonctionnalité et par des détails adaptés à chaque usage.
La ferblanterie se pratique-t-elle encore au Portugal ?
Oui, mais de façon résiduelle. Il ne reste que très peu de ferblantiers en activité, pour la plupart déjà âgés, un métier menacé de disparition après l'essor du plastique et de la production industrielle.

Sources

  1. Latoaria — Wikipédia
  2. Latoaria — Programa Saber Fazer (Governo de Portugal)