Patrimoine mondial
Journal du premier voyage de Vasco de Gama en Inde (1497-1499)
Le Récit du premier voyage de Vasco de Gama en Inde, manuscrit MS-804 de la Bibliothèque publique municipale de Porto, inscrit au registre Mémoire du monde de…
Le Journal du premier voyage de Vasco de Gama en Inde, plus exactement désigné sous le titre Récit du premier voyage de Vasco de Gama en Inde (1497-1499), est le seul témoignage direct, rédigé par un témoin oculaire, du voyage qui ouvrit la route maritime entre l’Europe et l’Asie. Conservé en un exemplaire unique — le codex MS-804 de la Bibliothèque publique municipale de Porto —, il a été inscrit au registre Mémoire du monde de l’UNESCO le 19 juin 2013, en reconnaissance de sa valeur documentaire pour l’histoire de l’humanité.
Un récit de témoin oculaire
L’armada de quatre navires partit de Lisbonne le 8 juillet 1497 sous le commandement de Vasco de Gama. Après avoir doublé le cap de Bonne-Espérance le 22 novembre, elle atteignit Calicut, sur la côte de Malabar, le 20 mai 1498, concrétisant un projet poursuivi par le Portugal au long de près d’un siècle de navigation atlantique. Le retour, lui, fut pénible : la traversée de l’océan Indien se fit dans des conditions adverses et le scorbut décima une grande partie des équipages, deux navires seulement regagnant le royaume.
Le Récit relate cette entreprise jour après jour, dans un portugais du XVIe siècle vif et direct, attentif tant à la navigation qu’aux peuples, aux ports et aux marchandises rencontrés. C’est cette qualité de témoignage immédiat qui confère au texte une place à part parmi les sources des Grandes Découvertes, distincte des chroniques postérieures, rédigées par des auteurs qui n’avaient pas participé aux événements.
Contrairement aux grandes chroniques royales, composées avec distance et dans un dessein de célébration, le Récit parle à la première personne du pluriel — « nous allâmes », « nous vîmes », « nous mouillâmes » —, et c’est cette voix collective des gens de mer qui en fait un document singulier.
Auteur et parcours du manuscrit
Le texte est anonyme. La tradition érudite l’attribue à Álvaro Velho, natif de Barreiro, bien que d’autres chercheurs désignent João de Sá, écrivain de l’armada. L’exemplaire qui nous est parvenu n’est pas l’original — perdu —, mais une copie contemporaine, incomplète, du début du XVIe siècle, comptant environ 45 feuillets de papier ordinaire, au format in-folio.
Le codex appartenait au fonds du monastère de Santa Cruz de Coimbra, où il demeura ignoré jusqu’à la suppression des ordres religieux, en 1834. Il fut alors transféré à la Bibliothèque publique municipale de Porto, à Porto, institution qui le conserve encore aujourd’hui. La première édition imprimée parut à Porto, en 1838, par Diogo Kopke et António da Costa Paiva, faisant connaître au public un texte dont l’importance ne serait pleinement mesurée que bien plus tard.
Signification et reconnaissance
L’inscription à la Mémoire du monde place le Récit aux côtés d’autres documents fondateurs de l’expansion portugaise, comme la Lettre de Pero Vaz de Caminha, qui annonce la découverte du Brésil, et le traité de Tordesillas, qui partagea les mondes à découvrir entre les deux couronnes ibériques. Ensemble, ces témoignages documentaires constituent une archive de portée mondiale, car ils consignent des événements qui, selon les mots mêmes de l’UNESCO, déclenchèrent « une série d’événements qui allaient transformer le monde ».
Pour le Portugal, le Récit est à la fois une source historique de premier ordre et un monument de la langue, fixant, en un moment décisif, l’expérience concrète de ceux qui firent le voyage.
Questions fréquentes
- Où se trouve le manuscrit du Journal du voyage de Vasco de Gama ?
- Le seul exemplaire connu, le codex MS-804, est conservé à la Bibliothèque publique municipale de Porto, où il est entré après la suppression des ordres religieux en 1834.
- Qui a écrit le Récit du premier voyage de Vasco de Gama ?
- Le texte est anonyme. Sa rédaction a été attribuée par divers chercheurs à Álvaro Velho, natif de Barreiro, et par d'autres à João de Sá, tous deux participants à l'armada.
- Quand a-t-il été inscrit au registre Mémoire du monde de l'UNESCO ?
- Il a été inscrit au registre Mémoire du monde le 19 juin 2013, lors d'une réunion du comité tenue en République de Corée.