Monuments
Église de Cárquere
Église paroissiale de Cárquere, à Resende : ancien monastère augustinien avec la chapelle des Resende, portails manuélins et tour médiévale ; Monument national.
- Lieu
- Cárquere, Resende, Viseu
- Construction
- Mosteiro fundado no século XII; torre e capela-mor medievais; igreja transformada no ciclo manuelino (século XVI)
L’Église paroissiale de Cárquere, ou Église de Sainte-Marie de Cárquere, se trouve Rua do Mosteiro, dans la paroisse de Cárquere, dans la municipalité de Resende, sur le versant nord de la Serra de Montemuro. Elle est ce qui subsiste d’un monastère de chanoines réguliers de saint Augustin, lié par la tradition à Egas Moniz et à l’infant Afonso Henriques et, plus tard, au panthéon des seigneurs de Resende. Elle est Monument national, et la Route du Roman l’inclut, sous le nom de Monastère de Sainte-Marie de Cárquere, parmi ses monuments. Il reste peu du roman ; ce que l’on voit est surtout une église de transition, gothique et manuéline.
Entre légende et histoire
La légende raconte qu’Egas Moniz, précepteur de D. Afonso Henriques, conduisit à Cárquere l’infant, né, dit-on, avec une malformation des jambes, et qu’il y eut là, par l’intercession de la Vierge, une guérison miraculeuse, à la suite de laquelle le monastère aurait été fondé. Le registre du Patrimoine culturel, I.P. date la fondation du couvent au XIIe siècle à l’initiative d’Egas Moniz (c. 1080-1146), qui avait obtenu la seigneurie de Resende, et ajoute que d’autres sources avancent 1099 et le comte D. Henrique. La Route du Roman traite l’attribution à Egas Moniz comme une légende et situe la fondation dans le deuxième quart du XIIe siècle. Elle rappelle aussi qu’Egas Moniz aurait laissé des legs au monastère dans son testament de 1146, et que la bulle de Nicolas III de 1279 confirme son autonomie ; en 1320, il était le seul monastère de chanoines réguliers de saint Augustin du diocèse de Lamego.
Au XVe siècle, il fut confié à des ecclésiastiques que le guide de la Route juge moins attentifs à leurs fonctions et, en 1511, à un abbé commendataire. En 1541, sur ordre de D. João III, Cárquere passa à la Compagnie de Jésus et, selon le registre, fut le premier établissement des jésuites au Portugal ; la Route indique que la remise fut définitive en 1562 et qu’une bulle de 1578 affecta les revenus au Collège de Coimbra. Avec l’expulsion des jésuites, en 1759, le complexe passa sous l’administration de l’Université de Coimbra et, d’après le registre, ne fut intégré aux Biens propres nationaux qu’en 1835. Réduite à église paroissiale, elle entra en déclin. En 1910, elle fut incluse dans la première liste des monuments nationaux.
La tour et la meurtrière romanes
L’édifice actuel résulte d’une réappropriation manuéline de la construction romane primitive. De cette première phase, la Route met en avant la tour, posée sur un affleurement de granit, de nature défensive et seigneuriale, que certains auteurs datent du dernier quart du XIIe siècle ou déjà du XIIIe, ainsi que la meurtrière de la chapelle des Resende. Celle-ci est décorée des deux côtés : à l’intérieur de motifs géométriques et, à l’extérieur, de ce que l’on appelle les beak-heads, animaux unifrontaux au bec saillant, d’origine anglo-saxonne ; les chapiteaux montrent des oiseaux aux cous entrelacés ou aux ailes déployées. L’organisation des espaces, à l’intérieur de l’église comme dans le cimetière, qui occupe l’ancien cloître, demeure romane.
Gothique et manuélin
De la période gothique date le chevet, avec voûte à nervures et fenêtre à meneaux, visible seulement depuis l’extérieur. Entre celui-ci et la nef unique, à plafond de bois, s’ouvre un arc triomphal à trois voussures reposant sur des colonnes. Le portail principal, en plein cintre à trois voussures, et le portail latéral nord relèvent de la campagne manuéline du XVIe siècle ; au-dessus du principal se trouvent un arc conopial et un œil-de-bœuf, et le clocher est accolé du côté droit. Pour le contexte, voir le style manuélin et l’architecture gothique au Portugal.
Dans la nef subsistent des peintures murales de la même époque, sous le retable du mur du fond : saint Antoine et sainte Lucie d’un côté, et un groupe d’anges volants de l’autre. Le guide de la Route propose les années 30 ou 40 du XVIe siècle, et la chronologie de la page fait état d’une campagne de peinture entre 1545 et 1560. Le retable majeur est en bois doré, divisé en trois parties par des colonnes torses (voir la sculpture dorée) ; la Route évoque les structures d’autels des XVIIe et XVIIIe siècles, de style national.
Les Resende et les deux Vierges
La chapelle funéraire des seigneurs de Resende, côté de l’Évangile, compte quatre tombeaux, dont deux encastrés dans des arcosolia. Le guide de la Route indique que Vasco Martins de Resende, le Troubadour, y est enterré avec un fils et un parent également prénommé Vasco, et que toutes les sépultures sont gothiques ; la Route admet que le panthéon ait été réalisé dans la première moitié du XVe siècle. Du même côté se trouve un fonts baptismaux très décoré de motifs végétaux et de cordes en spirale. Selon le guide, ce lignage inspira Eça de Queirós pour A Ilustre Casa de Ramires.
Cárquere est un sanctuaire marial, et la Vierge y est vénérée sous deux titres : la Vierge de Cárquere, assise avec l’Enfant, et la Senhora Branca ou Vierge du Lait, debout et en calcaire. La Route date la première du XIIIe siècle et la seconde du XIVe. Le registre officiel attribue l’image de Notre-Dame de Cárquere aux VIe-VIIe siècles ; cette datation diffère très nettement de celle de la Route et nous ne l’avons pas conciliée : la chronologie de l’image reste à éclaircir.
Classement
Il est Monument national par le décret du 16 juin 1910, publié au Diário do Governo n.º 136, du 23 juin 1910. L’Atlas et le registre n’indiquent aucune zone spéciale de protection. Le journal officiel de 1910 est numérisé sous forme d’image et nous ne le transcrivons pas. L’église ne figure sur aucune inscription de l’UNESCO.
Préparer la visite
Lors de la consultation du 5 novembre 2026, la page de la Route du Roman indiquait une visite sur rendez-vous (téléphones +351 255 810 706 et +351 918 116 488 ; courriel [email protected]), messe le samedi à 17 h (hiver) ou 19 h (été) et le dimanche à 8 h 15 et 11 h 30, fête du saint patron le 15 août, et le monument comme non accessible aux personnes à mobilité réduite. La page n’indiquait pas de tarif. La Route signale que l’intégration à l’itinéraire date de 2010 et que l’environnement a été réaménagé en 2017, dans le Parc du Carvalhal. Ces données peuvent changer : vérifiez-les sur la page officielle du monument avant de vous déplacer.
Dans la même municipalité, l’Église de São Martinho de Mouros est également Monument national. Pour la région, voir l’architecture romane au Portugal et la page du Nord.
Photographie de Vimacopeca, d’octobre 2026. Original sur Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0 ; redimensionnée et compressée pour le web, sans modification de la composition.
Questions fréquentes
- Cárquere a-t-il été fondé par Egas Moniz ?
- C'est ce que dit la tradition, liée à la légende de la guérison de l'infant Afonso Henriques. Le registre du Patrimoine culturel attribue la fondation du couvent au XIIe siècle à l'initiative d'Egas Moniz, mais note que d'autres sources avancent 1099 et le comte D. Henrique. La Route du Roman traite cette attribution comme une légende et date la fondation du deuxième quart du XIIe siècle.
- Que reste-t-il de l'époque romane ?
- Peu de choses, selon la Route du Roman : la tour, de nature défensive et seigneuriale, que certains auteurs datent de la fin du XIIe siècle ou du XIIIe, et la meurtrière de la chapelle des Resende, décorée de motifs géométriques à l'intérieur et de têtes à bec (beak-heads) à l'extérieur. La distribution des espaces, y compris le cimetière installé sur l'ancien cloître, conserve l'organisation romane.
- Fait-elle partie de la Route du Roman ?
- Oui. La Route du Roman indique que le monastère de Sainte-Marie de Cárquere a été intégré à l'itinéraire en 2010. Lors de la consultation du 5 novembre 2026, la visite était indiquée sur rendez-vous.
- Quel est son statut de protection ?
- Monument national, par le décret du 16 juin 1910, publié au Diário do Governo n.º 136, du 23 juin 1910, celui de la première liste des monuments nationaux.
Sources
- Património Cultural, I.P. — Igreja matriz de Cárquere (70582)
- Património Cultural, I.P. — Atlas do Património Classificado e em Vias de Classificação (NINV 4331)
- Diário do Governo — Decreto de 16 de junho de 1910 (n.º 136, de 23 de junho de 1910)
- Rota do Românico — Monastery of Saint Mary of Cárquere
- Rota do Românico — Guia: Mosteiro de Santa Maria de Cárquere (n.º 29)
- Wikidata — Igreja Matriz de Cárquere (Q10300026)
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