Archéologie

Le mégalithisme au Portugal

Le mégalithisme au Portugal : dolmens, menhirs et cromlechs du Néolithique et du Chalcolithique, du Haut Alentejo aux Almendres, la plus ancienne architecture…

Le mégalithisme au Portugal
Vitor Oliveira from Torres Vedras, PORTUGAL, CC BY-SA 2.0 — Wikimedia Commons

Le mégalithisme désigne l’ensemble des pratiques qui, à la préhistoire récente, ont conduit des communautés d’agriculteurs et de pasteurs à ériger des monuments à l’aide de blocs de pierre de grandes dimensions — du grec megas (grand) et lithos (pierre). Ce n’est ni une « culture » unique ni un peuple, mais un horizon de solutions constructives qui s’est diffusé le long de la façade atlantique de l’Europe, du sud de la Scandinavie à la Méditerranée. Le territoire portugais, et tout particulièrement l’Alentejo, conserve certains des exemplaires les plus anciens et les plus nombreux de ce phénomène, avec des datations qui remontent au milieu du sixième millénaire av. J.-C. — antérieures, donc, à Stonehenge et aux pyramides d’Égypte.

Sur le plan chronologique, le mégalithisme portugais couvre surtout le Néolithique et le Chalcolithique, grosso modo entre environ 5500 et 2000 av. J.-C., avec des réutilisations qui se prolongent à l’âge du Bronze. C’est au cours de ce long intervalle, marqué par la fixation au territoire, la domestication des plantes et des animaux et une complexité sociale croissante, que le paysage s’est peuplé de tombes collectives, de pierres dressées et d’enceintes cérémonielles.

Dolmens, menhirs et cromlechs

La typologie mégalithique s’organise autour de trois grandes familles. Le dolmen — pour lequel le terme traditionnel portugais est anta — est un sépulcre collectif formé d’orthostates verticaux qui soutiennent une dalle de couverture, dessinant une chambre à laquelle on accède souvent par un couloir. À l’origine, le dolmen était enveloppé d’un tumulus de terre et de pierre, la mamoa, aujourd’hui presque toujours disparu. Dans ces espaces, les morts étaient déposés en position contractée, accompagnés de céramiques, de haches polies, de lames de silex et de perles de parure.

Le menhir est une pierre isolée, fichée verticalement dans le sol, sans fonction funéraire ; certains apparaissent décorés de gravures de crosses, de soleils ou de représentations schématiques. Lorsque plusieurs menhirs s’associent en cercles, en ellipses ou en alignements, ils forment un cromlech, monument à caractère rituel et nettement lié à l’observation des cycles solaires et à l’organisation symbolique de l’espace.

Le mégalithisme n’est pas seulement une architecture de la mort : les cromlechs et les menhirs révèlent des communautés qui ordonnaient l’horizon, marquaient les solstices et inscrivaient dans le granit une cosmologie aujourd’hui seulement partiellement lisible.

Le grand noyau de l’Alentejo

C’est dans le Haut et le Centre Alentejo que le mégalithisme portugais atteint sa pleine expression. Aux abords d’Évora se dresse le Cromeleque dos Almendres, le plus grand ensemble de menhirs de la péninsule Ibérique, avec environ 95 monolithes disposés en deux grandes structures elliptiques, édifié par phases successives à partir de la fin du sixième millénaire av. J.-C. À faible distance se trouve l’Anta Grande do Zambujeiro, l’une des plus grandes chambres dolméniques d’Europe, avec des orthostates dépassant six mètres de hauteur.

La région de Reguengos de Monsaraz constitue un autre foyer remarquable, où le complexe mégalithique de Monsaraz réunit dolmens, menhirs et cromlechs dans un paysage qui maintient vivante la relation entre les monuments et le territoire. La densité de ces vestiges a fait de l’Alentejo une référence internationale pour l’étude du mégalithisme atlantique.

Étude et préservation

La reconnaissance scientifique du mégalithisme portugais débute à la fin du XIXe siècle, avec les travaux pionniers de chercheurs comme Estácio da Veiga et les frères Mendes Correia, mais c’est surtout à partir des décennies 1960 et 1980 que des fouilles systématiques et de nouvelles datations ont redéfini l’ancienneté et la complexité du phénomène. Beaucoup de ces monuments sont aujourd’hui classés et intégrés à des circuits de visite, constituant l’un des chapitres les plus singuliers de l’archéologie portugaise et un témoignage majeur des premières sociétés à transformer, de manière monumentale, le paysage ibérique.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le mégalithisme ?
C'est le phénomène culturel et architectural, propre à la préhistoire récente, qui se traduit par la construction de monuments à l'aide de grands blocs de pierre — dolmens, menhirs et cromlechs. Au Portugal, il se déploie surtout entre le Néolithique et le Chalcolithique, à partir du milieu du sixième millénaire av. J.-C.
Quelle est la différence entre un dolmen, un menhir et un cromlech ?
Le dolmen (anta en portugais) est un monument funéraire, doté d'une chambre et parfois d'un couloir, recouvert à l'origine par un tumulus de terre ou de pierre (mamoa). Le menhir est une pierre dressée à la verticale, isolée et non funéraire. Le cromlech est un ensemble de menhirs disposés en cercle, en ellipse ou en alignement, lié à des pratiques rituelles et à l'observation du ciel.
Où se concentrent les monuments mégalithiques au Portugal ?
La plus forte densité se trouve dans l'Alentejo, en particulier dans les communes d'Évora, de Reguengos de Monsaraz, de Mora et de Pavia. Il existe aussi des noyaux importants dans les Beiras, en Algarve et dans tout l'ouest atlantique de la péninsule.

Sources

  1. Monumento megalítico — Wikipédia
  2. Almendres Cromlech — Wikipedia
  3. Lista de monumentos megalíticos de Portugal — Wikipédia