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Couvent Saint-François de Santarém

Couvent Saint-François de Santarém : église gothique mendiante du XIIIe siècle, chœur haut de D. Fernando, cloître, incendie de 1940 et classement national.

Questions fréquentes Sources
Façade latérale de l'église de l'ancien couvent Saint-François de Santarém, en pierre claire, avec pignon élevé, fenêtres gothiques et mur bas le long de la rue
Threeohsix, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Lieu
Santarém, Santarém
Construction
convento fundado em 1240, obras desde 1242; igreja concluída até 1282

Le Couvent Saint-François de Santarém est l’un des grands ensembles gothiques mendiants du Portugal, et l’un des plus malchanceux. Son église, aux dimensions inhabituelles, fut conçue comme un temple franciscain dans le style austère du XIIIe siècle, et finit par être choisie par un roi comme panthéon. Un incendie en 1940 la laissa en ruine. Il se situe dans la zone nord du centre historique de Santarém, rue 31 de Janeiro.

Fondation et construction

Selon le registre du Património Cultural, I.P., les franciscains s’installèrent à Santarém en 1240, dans un lieu privilégié de la ville, et commencèrent la construction du couvent en 1242. Le registre décrit une typologie austère, commune à l’ensemble du cycle constructif mendiant européen du XIIIe siècle : volumes sévères, prédominance des lignes horizontales et droites sur la verticalité, et aucune décoration au-delà des motifs végétaux des chapiteaux. Cette sobriété provient de l’influence de l’architecture cistercienne, proposée comme modèle aux franciscains et aux dominicains lors du IVe concile de Latran, en 1215.

L’église possède un vaste corps de trois nefs de cinq travées, couvert de bois, un long transept saillant et un chevet très développé de cinq chapelles quadrangulaires échelonnées. Le registre souligne le caractère exceptionnel du chevet : ce schéma ne se répète, au XIIIe siècle portugais, que dans trois autres églises, toutes mendiantes (Sainte-Claire de Santarém et, peut-être, Saint-Dominique de Santarém et Saint-François de Lisbonne). Les dimensions du temple ont été attribuées par Pradalié à l’implication personnelle du roi dans la construction des couvents mendiants de Santarém. Un tel projet a certainement demandé des décennies ; l’église devait être achevée dans la seconde moitié du siècle, au plus tard en 1282, selon Pedro Dias. Pour le contexte stylistique, voir l’architecture gothique au Portugal.

Le panthéon de D. Fernando

Le couvent accueillit de nombreuses sépultures au cours des premiers siècles. Le cas le plus exceptionnel fut celui du roi D. Fernando, qui, dans la seconde moitié du XIVe siècle, patronna la construction d’un chœur haut sur les trois travées médianes de la nef centrale, afin d’y être inhumé. Le registre cite Mário Tavares Chicó pour affirmer que cette construction est « la plus belle manifestation de l’art gothique du pays, avant la construction du monastère de Batalha », sans équivalent dans l’architecture nationale ; les analogies les plus évidentes semblent se trouver en territoire espagnol, dans des œuvres de l’ancienne couronne d’Aragon.

Conçu comme panthéon royal, le choix de Saint-François signifiait aussi un refus du panthéon d’Alcobaça, où repose le père de D. Fernando, D. Pedro. En 1376, le roi fit transférer dans le chœur haut les ossements de sa mère, D. Constança, et son écu figure à côté de celui des Meneses, maison à laquelle appartenait D. Leonor Teles. Le registre national ne précise pas où se trouve aujourd’hui la tombe du roi ; le texte affirme seulement que le projet de panthéon s’est concrétisé dans le chœur haut.

Cloître et chapelles

Au cours des siècles suivants, le couvent fut agrandi par des campagnes successives. Le cloître aurait été construit, selon toute vraisemblance, en deux ou trois phases. À l’intérieur de l’église subsistent des éléments décoratifs de grande qualité, comme l’arc Renaissance de la Chapelle de Sainte-Anne et le tracé maniériste de la Chapelle des Âmes, panthéon des Meneses et œuvre de l’architecte Pedro Nunes Tinoco.

Incendie, ruine et avenir

Après un incendie en 1940, le bâtiment resta en ruine. Les travaux de restauration qui suivirent n’ont pas été achevés, et le registre national décrit un monument à l’aspect encore « désolant », mais signale un intérêt renouvelé, dans la décennie précédant la rédaction de la fiche, pour sa transformation en espace muséal.

Une dépêche de l’agence Lusa datée du 2 avril 2019 ajoute que la mairie de Santarém coordonnait avec la Direção-Geral do Património Cultural des travaux visant à fermer les ouvertures provisoirement couvertes de plastique ou de filet, et que le couvent devait être requalifié conjointement avec l’Incubadora d’Artes. Nous n’avons pas trouvé de confirmation de l’achèvement de ces travaux.

Classement

L’ensemble est classé Monument national par le Décret n° 3 027, publié au Diário do Governo, I Série, n° 38, le 14 mars 1917, sous la désignation « Église et Cloître de l’ancien Couvent de Saint-François ». La zone spéciale de protection, avec zone non aedificandi, a été fixée par arrêté du 30 octobre 1946. L’immeuble relève du Património Cultural, I.P. Il ne figure sur aucune inscription de l’UNESCO.

Préparer la visite

Lors de la consultation du 5 novembre 2026, le site de la municipalité de Santarém était inaccessible, et nous n’avons pas trouvé de source officielle actuelle concernant l’ouverture au public, les horaires ou les tarifs ; nous ne les indiquons donc pas. Avant de planifier un déplacement, veuillez vous renseigner auprès de la municipalité et du Património Cultural, I.P. sur l’existence de visites et leurs conditions. La façade et ses abords peuvent être vus depuis la rue. À proximité, l’église Saint-Jean d’Alporão et l’église Sainte-Marie de Marvila permettent de comparer d’autres moments de l’architecture de la ville.

Photographie de Threeohsix, datée du 1er octobre 2023. Original sur Wikimedia Commons, sous CC BY-SA 4.0 ; redimensionnée et compressée pour le web, sans modification de la composition.

Questions fréquentes

Quand le couvent a-t-il été fondé ?
Selon le registre du Património Cultural, I.P., les franciscains s'installèrent à Santarém en 1240 et commencèrent la construction du couvent deux ans plus tard. L'achèvement de l'église doit se situer dans la seconde moitié du XIIIe siècle, au plus tard en 1282.
Pourquoi le chœur haut est-il important ?
Il fut édifié sur ordre du roi D. Fernando, dans la seconde moitié du XIVe siècle, sur les trois travées médianes de la nef centrale, afin d'y être inhumé. Le registre cite Mário Tavares Chicó, qui le considérait comme la plus belle manifestation de l'art gothique du pays avant le monastère de Batalha.
Que s'est-il passé en 1940 ?
Un incendie laissa le bâtiment en ruine. Les travaux de restauration qui suivirent ne furent pas achevés, et le registre national décrit le monument comme ayant encore un aspect désolant, avec un intérêt renouvelé pour sa transformation en espace muséal.
Peut-on le visiter ?
Nous ne pouvons pas le confirmer. Lors de la consultation du 5 novembre 2026, le site de la municipalité était inaccessible, et nous n'avons pas trouvé de source officielle actuelle concernant l'ouverture au public. Une dépêche de l'agence Lusa de 2019 mentionnait la requalification prévue du couvent. Veuillez vous renseigner auprès de la municipalité.

Sources

  1. Património Cultural, I.P. — Igreja e Claustro do extinto Convento de São Francisco (69797)
  2. Património Cultural, I.P. — Atlas do Património Classificado e em Vias de Classificação (NINV 3937)
  3. Diário do Governo — Decreto n.º 3 027, de 14 de março de 1917 (I Série, n.º 38)
  4. Lusa / Diário de Notícias — Santarém quer abrir museu de S. João de Alporão «o mais rapidamente possível» (2-04-2019)
  5. Wikidata — Convento de São Francisco (Santarém) (Q17117710)

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